dimanche 9 août 2009

Le plus beau métier du monde !...

Hier en fin de journée je me sentais épuisée. Je savais toutefois que Claude - le personnage que j'incarne dans la pièce Fleurs d'Acier cet été à Châteauguay - me donnerait l'énergie nécessaire pour jouer et m'amuser.

Mais au fond de moi je pouvais sentir monter une petite peur de manquer d'énergie.

Je suis arrivée au théâtre, j'ai retrouvé les merveilleuses comédiennes avec qui j'ai la chance de livrer ce spectacle et puis je me suis maquillée, tranquillement...je me suis trouvé un petit coin pour aller méditer un peu, me réchauffer, me centrer. J'avais du mal car j'avais un trop plein d'énergie puis je ressentais en même temps une grande fatigue psychologique. Je craignais de faire une erreur dans mon texte, ou de dire une réplique à un mauvais moment...ou pire, de manquer de voix en plein milieu du spectacle !

Enfin, comme à tout les soirs j'ai plongé, je me suis abandonnée à ce grand jeu. Et puis il y a eu la MAGIE ! Je trouvais mes collègues tellement bonnes ! Elles le sont toujours mais hier, il y avait quelque chose de spécial dans l'air...nous nous sommes amusées comme des petites folles et à chaque fois que l'une de nous brillait, elle entraînait les autres dans cette belle spirale d'énergie...les mots me manquent pour décrire à quel point c'était extraordinaire. Et le public y était pour quelque chose. Un public sensible, attentif, très respectueux, bref, toutes les conditions étaient réunies pour que la magie s'installe, et elle est venue remplir nos coeurs, elle m'habite encore ce matin. J'ai la poitrine gonflée de joie !

Je pratique le plus beau métier du monde.


samedi 27 juin 2009

En êtes-vous ?

Honnêtement, je ne comprends pas.

J'ai du mal à trouver une raison qui pourrait expliquer qu'un être humain soit aussi stressé et égoïste.

Quand je me prépare à sortir du métro parce que je suis rendue à la station où je dois descendre, il m'arrive souvent de vouloir sortir et de tomber nez à nez avec des gens qui veulent entrer en me marchant sur le corps.

Et je ne comprends pas.

Qu'est-ce qui peut justifier que quelqu'un soit aussi pressé d'entrer dans le métro ?

Ça pue, tout le monde a l'air bête (lorsqu'on sourit à un autre humain on passe pour un extra-terrestre ou pour un psychopathe), c'est rempli de gens qui partagent leur musique sans qu'on l'ait demandé...alors je ne comprends pas où est l'urgence d'entrer dans le wagon en fonçant littéralement sur les gens qui veulent en sortir.

Mais ce que je comprends encore moins, c'est quand quelqu'un entre avec des béquilles ou avec de jolis cheveux blancs très peu nombreux et de belles rides (signes qui ne mentent pas sur l'âge d'un humain), et que tout le monde dans le wagon semble soudainement captivé par son téléphone cellulaire (même si tout le monde sait que personne n'a de signal sur la ligne orange)...au lieu d'offrir sa place assise.

Vous savez les publicités qui ont été mises en ondes au printemps : la courtoisie au volant. J'ai cru remarqué dans les semaines qui ont suivies cette campagne, que les gens étaient plus patients en conduisant.

Je suggère ceci à la stm : prenez tous les profits que vous avez fait avec vos augmentations saugrenues des tarifs depuis 5 ans, et faites une campagne publicitaire : la courtoisie dans le métro.


mardi 24 mars 2009

Grossir mon pénis

Je ne crois pas être la femme la plus masculine qui soit.

Toutefois je l'admets : je ne manque pas un match du Canadien, je joue à la balle-molle, j'ai un coffre à outils dont je me sers régulièrement, je fais partie d'un pool de hockey et quand j'entre dans une toilette pour pisser, j'en ressors trente secondes plus tard.

Mais bon, je n'ai quand même pas de poil sous les bras ou sous le menton.

Pourtant, je reçois depuis plusieurs mois des messages qui me font l'alléchante offre de grossir mon pénis. Régulièrement. Alors voilà, je me questionne. J'ai beau m'observer dans le miroir, je n'en trouve pas. Pas de pénis. Pas que je n'aimerais pas tenter l'expérience...

Évidemment, j'aimerais le classique : pisser debout. Mais j'aimerais aussi comprendre quelle est la différence entre porter des petites culottes et porter des boxers. J'aimerais savoir si je suis du genre à porter à gauche plus qu'à droite. J'aimerais aussi le découvrir, lui, pour la première fois.

Et s'il était tout petit ? Comment me sentirais-je ? Aurais-je envie de le grossir ? Je serais alors peut-être ravie de recevoir des courriels me proposant un plus gros pénis. Peut-être...

Mais pour l'instant, je n'ai pas de pénis entre les jambes. Alors si vous lisez ce message, et que vous faites partie de ceux qui bombardent ma boîte de réception de messages qui me proposent de grossir ma queue, je vous en prie, arrêtez de m'envoyez ces trucs. S'il vous plaît. Je vous promets en échange ceci : s'il me pousse un pénis, j'entrerai en contact avec vous pour vous en informer.

Merci de votre compréhension.

samedi 28 février 2009

Ou sent vas dont note franssait ?

Et j'exagère à peine...

La semaine dernière, je corrigeais des copies d'examen d'étudiants de cégep, en arts et lettres. À chaque fois ça me dépasse. Quarante fautes dans un texte de cinq cents mots, oui madame, ça se peut ! Et on ne parle même pas des erreurs de syntaxe, parce que si on enlève aussi des points pour la syntaxe, il ne reste plus rien, tous les mots auront au moins une marque de stylo rouge.

Si seulement ceux qui font des fautes d'orthographe avait une belle langue écrite, une belle façon d'exprimer leur pensée, ça me consolerait un peu. Mais ce n'est pas le cas. Et ça m'emmerde.

Je devais avoir sept ans quand j'ai compris le truc de "vendre/vendu" ( pour savoir si un verbe en "er" s'écrit avec "er" ou "é" à la fin, remplacez le verbe par "vendre" ou "vendu" ; si le verbe se remplace par "vendre", il s'écrit "er" et s'il se remplace par "vendu", il s'écrit avec un "é" à la fin) ce truc est resté imprimé dans ma tête à jamais.

C'est tout bête comme truc ! Ça prend quelques secondes à expliquer et ça ne s'oublie pas un truc comme ça ! Pourquoi les enseignants au primaire n'apprennent-ils pas ce truc et tous les autres du genre (ça/sa, on/ont, etc...) à leurs élèves ? Peut-être qu'ils ne les connaissent tout simplement pas.

Mais ce qui m'emmerde surtout, c'est ceux qui écrivent en abréviation : J'ai vrmnt aimé ce livre pcq il était bon. Il faut être vachement épuisé pour ne pas avoir envie d'écrire deux ou trois lettres de plus dans un mot...Si j'avais écrit de cette façon au secondaire, le prof se serait foutu de ma gueule et il m'aurait redonné ma copie pour que je réécrive mon truc en entier.

Mais aujourd'hui, certains profs tolèrent, parce que c'est le langage d'aujourd'hui...Langage d'aujourd'hui mon cul. Qu'on ne se demande pas pourquoi les autres n'ont pas envie de respecter notre langue quand nous-mêmes on n'en a rien à foutre. 

vendredi 30 mai 2008

Les papiers de nos politiciens

Recevez-vous autant de papiers que moi dans votre boîte aux lettres ?

Là je ne parle pas de comptes, ou de trucs qui doivent impérativement être envoyés par la poste, non : il est plutôt question de tous ces trucs que nous envoient nos représentants municipaux, régionaux, provinciaux, canadiaux…

Je reçois régulièrement des papiers de la part de Jack Layton. Ce matin encore, Jack m’écrit pour bitcher contre le gouvernement Harper.

Jack m’écrit un énoncé et me demande si je suis en accord ou non :

Il est temps de mettre un frein au programme de Harper, qui fait passer les grandes entreprises avant les gens et notre environnement.

Alors je coche « oui », car je suis totalement en désaccord avec le programme de Harper. Cependant, lorsqu’il m’écrit ensuite ceci :

Jack Layton et le NPD sont sur la bonne voie pour les familles d’aujourd’hui.

Cette fois je coche « non », et je me justifie de cette façon :

Cher Jack,

Il est peut-être temps de mettre fin au programme de Harper, mais à mon avis, il est aussi temps pour Jack Layton de se soucier de l’environnement en cessant d’envoyer autant de papiers dans les foyers Québécois.

Merde ! Nous sommes en 2008, je n’arrive pas à croire que de telles choses arrivent encore ! Avec tous les moyens qu’ont les gens pour nous rejoindre de nos jours, Jack persiste à m’envoyer des petits papiers de la sorte régulièrement.

Si vous êtes de mon avis, je vous en prie, au lieu de jeter directement ce papier au recyclage ou (horreur !) à la poubelle, s’il vous plaît, répondez-lui, vous n’avez pas besoin de fournir de timbre, le petit papier est préaffranchi. Répondez-lui, sauvons nos forêts putain !

* * *

jeudi 14 février 2008

Le sourire d'Henri Salvador et la fête de l'amour

La Saint-Valentin - selon moi - ne devrait pas être strictement la fête des amoureux. Je préfère l'appeler : la fête de l'amour.

Je rêve d'un jour où tous les humains s'arrêtent pour se sourire. Je rêve d'une seule petite journée dans l'année, où tous s'arrêteraient, où tous les gens arrêteraient leur course folle pour prendre le temps de dire à ceux qu'ils aiment un petit "JE T'AIME", "TU COMPTES POUR MOI".
Je rêve d'une journée où l'égo tomberait et les conflits se règleraient.

Je suis une amoureuse de la vie et de l'amour.

Un des hommes de ma vie s'est éteint hier : Henri Salvador. Je crois qu'Henri a volontairement choisi de s'éteindre une journée avant la fête de l'amour. Pour que les humains regardent toutes les photos de lui pendant une journée, et que quelques uns aient la réflexion suivante :

"Comme il avait l'air heureux ce Salvador. Il souriait tout l'temps ! Qu'on se demande pas pourquoi il a vécu aussi longtemps ! Peut-être que je devrais sourire un peu plus... Et moins gueuler... Cette pauvre Marion au boulot, je l'ai engueulée pour rien cet après-midi... Que je suis con parfois. Tiens, demain c'est la Saint-Valentin, je vais lui offrir un chocolat pour me faire pardonner."

Bien sûr je rêve. Car ce genre de scène existe sur ma planète, mais il faut rester lucide, nous sommes sur la Terre, sur laquelle vivent les êtres humains. Parmi les humains il y a les endormis dans le métro, les automates, il y a les démons, les pas gentils, et puis, à l'occasion, dans la rue, on croise un ange. Un humain qui a les yeux qui brillent.

C'est à vous, chers humains angéliques... Chers anges humains... que je m'adresse. Allons, changeons le monde un tout petit peu. Réunissons-nous pour former l'armée du sourire ! Répandons la joie dans les coeurs gris des fonctionnaires du Centre-Ville, illuminons les visages verts dans le métro !

Que le 14 février soit désormais la fête de l'amour. Et qu'on change le "Saint-Valentin" pour le "Saint-Henri-Salvador", ainsi, tout le monde se souviendra de cet homme charmant, au sourire miraculeux, au rire contagieux.

À tous ceux qui liront ce message, je vous souhaite une merveilleuse journée remplie de lumière.

Si vous vous sentez seuls, sachez que vous ne l'êtes plus, je pense à vous ! Et y'a Henri aussi ! Allons, allez vous acheter un de ses disques, écoutez le rire ! Vous ne vous sentirez plus jamais seul. Son rire vous réchauffera le coeur.

Bonne Saint-Henri-Salvador tout l'monde !

mercredi 2 janvier 2008

Miracle sur Notre-Dame Ouest

Juste avant Noël, le 22 plus précisément, je suis sortie de chez moi, prête à aller dans un centre d’achats (eh oui, samedi le 22 dans un centre d’achats…) acheter de la vaisselle afin d’être en mesure de servir tous les gens qui venaient célébrer à la maison.

Je marchais dans une rue près de chez moi quand tout à coup, je le vis, au loin. Lui ne m’avait pas encore vue. Plus je m’approchais, plus que je me demandais ce que j’allais lui dire en étant face à face avec lui. C’était quand même le 22 décembre.

Je songeais depuis plusieurs semaines à lui préparer des muffins, ou je ne sais pas…un bon petit plat. Je ne l’ignorais jamais, il comptait pour moi, et je voulais que cette journée soit particulièrement belle pour lui.

Malheureusement je n’avais pas le temps de rentrer à la maison puis ressortir, puis l’épicerie était loin.

Il ne m’avait pas encore vue.

C’est alors que j’entrai dans le dépanneur/comptoir poste, et je me suis mise à la recherche des trucs les plus nourrissants, soit sac de noix et party mix, puis du meilleur des breuvages présentés dans le frigo – un jus d’orange - j’ajoutai à cela une Caramilk, car après tout, c’était Noël pour tout le monde.

Ma poitrine se gonfla soudainement, non pas de fierté, mais de bonheur.

Je ressortis du dépanneur/comptoir poste, je marchais en regardais mes pieds pour ne pas le croiser du regard, je voulais le surprendre.

Puis j’arrivai face à lui, lui présentant son snack.

Des vitres sont apparues devant ses jolis yeux bleus, puis un magnifique sourire sur sa bouche. Il me dit :

« Tu fais ma journée, j’vas pouvoir m’en aller j’attendais juste d’avoir assez pour manger. Ah merci fille. Merci beaucoup. T’es ben fine. Merci. »

Je lui répondis alors :

« Je voulais que tu passes toi aussi un joyeux Noël. Passe une belle journée ! »

C’était si simple. Ce vieil homme n’attendait pas le change nécessaire pour aller boire, je le sais de toute façon, il ne sent jamais l’alcool, il est toujours là, souriant, souhaitant une belle journée à tout le monde même à ceux qui l’ignorent et ne lui donnent rien…pas même un sourire.

Depuis quelques années, j’ai développé un lien avec lui, je ne pourrais l’expliquer, je suis attachée à lui voilà tout. Et le voir ému comme ça, ça m’a rempli le cœur d’une chaleur que je ne saurais décrire. C’était si beau !

J’étais maintenant prête à prendre le métro avec tous les visages gris, rien ne pouvait m’atteindre désormais, car mon cœur était plein.

Même lorsque la vendeuse bête au magasin me bombardait de ses soupirs les plus puissants alors que je cherchais mon argent dans mon porte-monnaie à la caisse, j’étais impassible.